1 – Les listes du Général Koenig

Introduction

Après la fin de la 2ème guerre mondiale, l’ex zone du Wehrkreis XII se retrouva dans la zone d’occupation militaire française.

Cette zone était administrée par le Général Marie-Pierre Koenig, Gouverneur militaire de 1945 à 1949. L’administration militaire française envoya des  questionaires ordonnant à tous les maires de communes de fournir sans délais des informations sur les étrangers qui travaillaient sur leur territoire de façon plus ou moins forcées.

Ces directives et les réponses renvoyées, fournissent une foule de renseignement en particulier sur les communes qui hébergeaient des Arbeitskommando ainsi que sur les PG et leur employeurs.

Exemples

Sur les exemples de documents ci dessus, conservées aux Kreisarchiv de Bitburg, on peut par exemple voir dans un courrier du 14 mars 1946 que le  gouvernement militaire FRA exige du  Cercle de Bitburg une prompte réponse sous peines de sanctions.  L’administraton du Kreis/Cercle devaient ensuite trnasmettre des copies de ces directives à tous les maires dec ommune de son territoire puis compiler en retour les réponses des communes.

Courrier du 14 mars 1946 du gouvernement militaire FRA au Cercle (“Kreis” en allemand) de Bitburg résidant à Kyllburg exigeant une prompte réponse sous peine de sanctions (Source: Kreisarchiv Bitburg)
Formulaire standard daté du 1. Mars 1946 du gouvernement militaire FRA à la commune de Masholder du Kreis de Bitburg (Source: Kreisarchiv Bitburg)

Le premier paragraphe du formulaire précise que la directive du Général Koenig a été mal comprise et que ce nouveau formulaire veut apporter quelques précisions. Ce formulaire standard exige sous 30 jours les informations suivantes:

  • Ia) Une liste des PG, déportés, travailleurs et réfugiés des Nations Unies qui étaient employés sur leur territoire avec indication du nom des employeurs
  • Ib) Pour les communes de moins de 5000 habitants, idem que Ia mais avec indication du temps qu’ils étaient employés sur la commune.
  • II) Idem Ia de ceux qui y vivent encore à l’exception de ceux vivant dans les Dulag
  • IIIa) En 2x exemplaires, actes d’états civils (naissance, marriage, décès) des personnes listés
  • IIIb) En 4x exemplaires, indication precise du lieu de sépulture des membres des Nations Unis
  • VI) Tous les documents à caractère politique
  • VIIII) Pour les communes de moins de 5000 habitants, tout autre documentation en rapport avec les membres des Nations Alliées

sous 90 jours:

  • IIIc) Inventaires du patrimoine laissés en arrière par les membres des Nations Alliées
  • IV) La Nationalité et catégorie ainsi que les papiers médicaux/sanitaires des membres des Nations Unis

sous 120 jours:

  • Documents de justice par Nationalité et catégorie, 

sous 180 jours:

  • Ib) Pour les communes de plus de 5000 habitants, idem Ia) mais avec indication du temps qu’ils étaient employés sur la commune.
  • VII) Par Nationalité et catégorie , affaires personelles laissées en arrière par les membres des Nations Alliées
  • VIII) Pour les communes de plus de 5000 habitants, tout autre documentation en rapport avec les members des Nations Alliées

Les documents remplis sont à faire remontées aux autoritées militaires par l’intermédiaire des Landrat (= admin des Kreis/Cercles)

Réponse de la commune de Masholder (Source: Kreisarchiv Bitburg)

Le réponse ci dessus de la commune de Masholder annonce une liste de noms sour les paragraphes Ia) et Ib); les autres paragraphes ne sont pas applicables à cette commune (“Fehlanzeige”).


Liste de noms de PG et employeurs en réponse aux paragraphes Ia) et Ib)

On peut imaginer l’effort bureaucratique que ce genre de directives demandait pour ces petites communes, avec des maires qui devaient faire front au sortir de la guerre à une avalanche d’urgences de tous types. 

Il faut prendre ces listes avec précautions, car elles ont été établies pour la plupart de mémoire  1 à 5  années après la fin de la guerre (jusque dans les années 50 pour certaines) et pas forcément de bonne foi; on peut imaginer que certains habitants de ces petits villages cherchaient à ne pas apparaitre sur les listes d’employeurs par crainte de représailles.

Appel aux lecteurs

  • J’en appelle aussi aux lecteurs qui connaitrait éventuellement l’existence dans quelques archives en France des cartons pleins de ces listes collectées par l’administration du General Koenig de laisser ici un commentaire ou de me contacter.