La source ci dessous SRC1 rapporte le témoignage d’un prisonnier de guerre (PG), évadé du Stalag XII D de Trier. Son témoignage est receuilli en Octobre 1941 par le Service de Surveillance du Territoire de Toulouse. Ce document illustre parfaitement un aspec de la vie politique dans les camps ainsi qu’une des missions confiées à la Surveillance du Territoire du gouvernement de Vichy (cf. FranceArchivces ), qui surveillait aussi les personnes “ayant adhéré à un parti collaborationniste (Parti populaire français, Rassemblement nationale populaire, Mouvement social révolutionnaire, Parti franciste)”. Ceci est à priori contre-intuitif puisque le gouvernement de Vichy était lui mème collaborationiste.
Le PG apportant son témoignage racconte le prosélytisme de plusieurs Médecins officiers et autres PG pour recruter leurs compagnons au Parti Franciste. L’autorité allemande leur mettait à disposition une salle de réunion. Il y aurait eu jusqu’à 1500 membre en avril 1941 au Stalag XII D, ce qui serai considérable compte tenu du succés modeste de ce parti en France.
Je n’est pour l’instant de moyen de valider ce témoignage par quelque autre source, c’est la première fois que je tombe sur ce genre de témoignage dans mes recherches.
- A noter que le témoin et le commissaire parlent à tort dans leur courrier de parti « Franquiste » ; il ne s’agit en fait pas d’un soutien à Franco comme l’on pourrait d’abord penser, mais bien du Parti Franciste dont il est question , comme le prouve la description précise de l’insigne offerte aux recrues : « …une roue dentelée encercle une hache à 2 tranches… »

## Le Parti franciste
Le Parti franciste, fondé en 1933 par Marcel Bucard, était un mouvement fasciste français qui collabora activement avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Sous le régime de Vichy, le parti franciste réaffirma son programme, fortement inspiré du fascisme italien et du nazisme allemand avec comme principales orientations :
- Nationalisme extrême et antisémitisme
- Corporatisme et économie dirigiste
- Collaboration totale avec l’Allemagne nazie
- Autoritarisme et culte du chef
- Anticommunisme et antibolchévisme
Les francistes, que l’on nomme aussi les « Chemises bleues », portaient l’uniforme et saluaient à la romaine. Le francisme est doté d’un service d’ordre secret, La Main Bleue.
Dans le cadre de la loi du 10 janvier 1936 destinée à « prendre des mesures exceptionnelles de défense républicaine en raison de la prolifération des ligues et de l’agitation qu’elles entretenaient dans la rue », le Francisme est dissous le 18 juin 1936, en même temps que d’autres ligues d’extrême droite.
Cependant, de 1936 à 1939, le Francisme se poursuit sous deux appellations : l’Association des Amis du Francisme (1936-1937), puis le Parti unitaire français d’action socialiste et nationale (Pufasn) à partir de 1938.
Durant l’Occupation, le Parti franciste est l’un des principaux partis collaborationnistes derrière le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot et le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat.
Le Parti franciste était l’un des mouvements les plus radicaux de la collaboration française, prônant un fascisme à la française, antisémite, autoritaire et soumis à l’Allemagne nazie.
Comme les autres mouvements de la collaboration, le Francisme est au final un échec. Pendant la guerre, le journal Le Franciste atteint un tirage maximum de 20 000 exemplaires, ce qui donne une idée de son audience maximale.
Après la Libération, Bucard fut fusillé en 1946 pour collaboration.
## Sources
### SRC1 AN_Chorin F9-2298, témoignage du 28 Mai 1942 d’un PG LOULAN Pierre, évadé du Stalag XII D de Trier et rapportant sur les pages 1 et 2 les activités de recrutements du Parti Franciste au sein des camarades prisonniers. La page 3 décrit l’évasion du témoin. Je joins aussi les lettres d’accompagnement qui montrent les services par lesquels ce témoignage a circulé.




