6 – Un ennemi reste un ennemi!

(PG) et les travailleur forcés étrangers. Ces rapprochements étaient perçus par les autorités du III. Reich comme un danger non seulement contre la sécurité du Reich (sabotages, évasions…) mais aussi comme une mise en péril de la pureté et cohésion du peuple Allemand.

On trouve régulièrement aux archives des placards ou courriers des autorités du III. Reich rappelant à la population les interdictions et punitions pour ces liens contre “nature”, preuve s’il en est que ces instructions étaient souvent contournées. Ici un exemple:

Source Kreisarchiv Trier Saarburg, dossier P Nr 410

Ce qui peut se traduite pa “Les dix commandements sur les relations avec les PG

Il est interdit à la population civile:

  1. de se rapprocher et de s’entretenir avec les PG, les discussions doivent se limiter aux thèmes concernants le travail,
  2. d’écrire des lettres à la famille du PG,
  3. de recevoir ou de transmettre des lettres ou autres paquets,
  4. de vendre ou offrir des timbres et du papier à lettre aux PG,
  5. de vendre ou offrir des boissons alcoolisées ou raffraichissantes aux PG,
  6. de donner de l’argent allemand ou toute autre devise aux PG ( le PG n’a le droit de posséder que de “l’argent de camp”),
  7. de faire quelque emplète que ce soit pour les PG,
  8. d’inviter des PG à des fètes ou de s’attabler ensembles dans une auberge,
  9. de prendre part à des repas ou des messes ensembles avec les PG,
  10. d’acceuillir des PG au sein du cercle familial.

Toute infraction sera sévèrement punie. Cela pourra aller jusqu’à une plainte pour haute trahison. Les PG doivent avoir un lieu d’hébergement commun et bien gardé qui ne doit pas ètre accédé par la population civile. Pour des PG travaillant seuls, c’est l’employeur qui répond de lui. Les interdits précédents valent aussi pour les PG Polonais qui parleraient allemands à moins qu’ils soient Allemands de souche. Mème pour les PG Polonais “russes blancs” qui sont en possession d’un certificat de libération, il faut maintenir une certaine distance. Celui qui agira de façon préméditée contre ces commandements ou qui entretiendra avec un PG une relation blessant la sensibilité populaire pourra ètre puni d’emprisonnement et dans les cas les plus graves de maison correctionelle. Le non respect prémédité de ces règles sera puni soit par une peine d’emprisonnement, soit par une amende pouvant aller jusquà 150 RM.”

La note interne suivante, datée du 1. Mars 1941 et envoyée par le Chef de la SS et de la Police auprès des Provinces du Rhin, …. aux Présidents de Régions, retrace les difficultés pour faire appliquer ces consignes:

Source Kreisarchiv Trier Saarburg, dossier P Nr 410

Ce qui peut se traduire par:

“…Sujet: Comportement de la population civile avec les PG

Ces derniers temps se multiplient les plaintes des autorités militaires sur le comportement de la population civile vis-à -vis des PG. Ils se plaignent ainsi que malgrès des rappels à l’ordre répétées des PG et des travailleurs forcés étrangers , ceux-ci sont acceuillis dans le domicile familial, qu’on leur offre des cigarettes, qu’on leur fourni de la nourriture, etc…Le Commissaire du Reich pour la Défense du Wehrkreis XII a déja sur ma demande fait parvenir aux lieux d’emplois des PG, des affiches rappelants les règles de comportements vis à vis des PG. De plus il a également fait parvenir aux employeurs des PG, des tracts qui expliquent la nécéssité de suivre ces règles. Malgrès cela nous continuons à recevoir des plaintes sur ces comportements indignes. De plus les employeurs respectent si peu leurs devoirs de surveillance que les nombres d’évasions ont notablement augmentées. J’insiste pour rapeller à tous les postes de police des périls pour la sécurité du Reich aussi bien pour les possibles fuites de renseignements mais aussi pour l’intégrité du peuple allemand. Pour combattre toute relation non souhaitées avec des PG, sont à disposition les ordnnances de police du 20.2.41….”

Ces commandements s’appliquaient à tous les secteurs de la société et pour les situtions les plus anodines.

Je peux citer un incident de la propre chronique familiale (Source CHRMOLITOR page 536/537) où en 1941, l’oncle Richard Molitor, agé seulement de 17 ans, reçu une plainte de la police locale parce qu’il avait été vu en train de jouer au ballon dans la cours du Moulin avec le PG Edouard Albert. Quelque temps après, en Juillet 1941, il fut convoqué au tribunal avec son père. Richard fut renvoyé de son école et son père du promettre au juge que cela ne se reproduirait plus. Le juge se contenta alors de lui faire la morale pendant 2 minutes. Heuresement il décida de ne pas donner suite en tenant compte du fait que Richard n’avait que 17 ans et était encore un écolier…Cette promesse ne fit pas long feu, une fois incorporés 1 an plus tard dans la Wehrmacht, les fils Molitors se servirent plusieurs fois de leur déplacements comme militaires en France pour transporter le courrier entre le PG Edouard et sa famille, en court circuitant la censure du Stalag XII D, ce qui était aussi “strengstens verboten”!

Un cas fréquent était aussi la relation d’amitié ou amoureuse entre un PG et une femme allemande. Un exemple est le cas de François (nom inconnu, recherche en cours), qui fut déplacé du Kommando de Wolf vers un Arbeitskommando distant, alors que sa maitresse fut exilée du village.

L’Oberkommando der Wehrmacht (OKW) publia ainsi en Janvier 1940 un fascicule d’une cinquantaine de page qui décrivait dans le dètail tous les possibles actes de sabotage par les PG (source Kreisarchiv Bitburg Dossier LHA 655.171 Nr 255) avec des exemples de la première guerre mondiale:

Ce fascicule citent les catégories suivantes:

  • Incendies volontaires
  • Sabotages dans l’indutrie
  • Atteintes au bonnes moeurs du peuple Allemand
  • Evasions
  • Envois de moyens de sabotages et d’évasion
  • Réfractaires au travail et mutineries
  • Propaganda

Les craintes de sabotages n’étaient pas complètement infondées, comme le témoigne cette note de la Gestapo de Trier sur la découverte dans une dizaine de villages de sacs de nourriture pour le bétail contenannt des hameçons de fils de cuivre de 5 cm de long et qui provenaient tous du mème fournisseur. On ne peut dire avec certitude que des PG en étaient la cause ou pas, ces incidents favorisaient certainement la paranoia déja fort développée du régime nazi.

Source Kreisarchiv Bitburg Dossier LHA 655.171 Nr 255